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Châtiment corporel sur les enfants : Privilégier une approche pluridisciplinaire du phénomène

Châtiment corporel sur les enfants : Eddalia prône une approche pluridisciplinaire
ALGER - La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Ghania Eddalia,  a plaidé, lundi à Alger, pour l'adoption d'une approche pluridisciplinaire, en vue de lutter "efficacement" contre le phénomène du châtiment corporel sur les enfants.
Une lutte "efficace" contre ce phénomène exige "l'adoption d'une approche pluridisciplinaire englobant les aspects juridique, médical, socio-économique et psychologique de la famille et de l'entourage", a indiqué Mme Eddalia qui a présidé la cérémonie d'installation du groupe de travail chargé de l'étude du phénomène, sous le slogan "Pour une sensibilisation aux risques et séquelles du châtiment corporel pratiqué sur les enfants dans tous les milieux".

Mme Eddalia s'est dite, à l'occasion, "confiante" quant aux capacités des membres du groupe à formuler des propositions et des recommandations pratiques, pour une meilleure compréhension des causes et dimensions de ce comportement répandu, à différents degrés, dans toutes les sociétés. 

Pour la ministre, les conclusions de cette rencontre seront "d'un apport qualitatif pour le Plan national de la protection de l'enfant, qui vise à assurer le développement et l'épanouissement des enfants en Algérie dans un milieu familial et un environnement social sains, en donnant les orientations indispensables en vue de mettre un terme à ce phénomène et sensibiliser  aux risques et séquelles qui en découlent".

L'Etat est soucieux "de protéger la famille toute entière, à travers la promulgation et l'actualisation d'un arsenal juridique d'exception, prévoyant la mise en œuvre de stratégies et de mécanismes assurant la protection et une attention particulière à l'enfant et interdisant le châtiment corporel et toutes formes de violence morale et de maltraitance", a souligné Mme Eddalia.

"En dépit des efforts consentis visant à venir à bout de ce fléau, poursuit la ministre, nous continuons malheureusement à enregistrer des cas de châtiment corporel pratiqué sur les enfants, ce qui nous interpelle, de toute urgence, pour mettre en branle les dispositifs d'alerte à l'intérieur des établissements officiels et des instances de socialisation, en vue de repérer les cas de châtiment corporel, de les étudier, de prendre en charge et de soulager les victimes".


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Concernant les chiffres et statistiques liés à ce phénomène, Mme Eddalia a fait savoir qu'"il est difficile d'obtenir des chiffres exacts, car le phénomène est pratiqué en milieu fermé à l'abri des regards". "Neanmoins, a-t-elle ajouté, même si la violence est exercée sur un seul enfant, nous devons œuvrer, par tous les moyens, en vue de l'éradiquer et se mobiliser pour empêcher qu'il ne devienne un comportement banal et répandu".

Après avoir rappelé le Prix national de la meilleure création numérique dédiée aux enfants, lancé par son secteur en 2018 pour sensibiliser aux dangers auxquels sont confrontés les enfants, notamment sur la toile, Mme Eddalia a affirmé qu'un intérêt particulier était accordé aujourd'hui au phénomène des châtiments corporels sur les enfants, tant au niveau national qu'international. Et d'ajouter que ce phénomène est condamné dans toutes les sociétés.

La ministre a saisi l'occasion pour indiquer que le projet de création du Parlement de l'enfant algérien verra le jour en 2020 et permettra à tous les enfants algériens d'exprimer leurs opinions, de faire part de leurs aspirations et de participer à la prise de décision par le dialogue, ajoutant que le futur Parlement, initié par son département, "contribuera à l'élaboration des politiques relatives à l'enfance et à la diffusion de la culture des droits de l'enfant et de l'homme".

De son côté, le représentant du bureau du Fond des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), Marc Lucet, a salué la démarche des autorités algériennes contre ce phénomène, appelant à continuer à sensibiliser les parents et les parties concernées au sein de la société à la nécessité de bannir le châtiment corporel et à privilégier des méthodes de discipline alternatives.

La rencontre a, par ailleurs, été marquée par les interventions de plusieurs psychologues et sociologues sur les châtiments corporels et leurs conséquences physiques et psychologiques sur l'enfant, les engagements de l'Algérie en matière de lutte contre ce phénomène et le rôle du signalement comme mécanisme de lutte.