"Bien informés, les hommes sont des citoyens; mal informés ils deviennent des sujets" (Alfred Sauvy)
ALGER -Huit (8) personnes ont trouvé la mort et 9 autres ont été blessées dans 9 accidents de la circulation, survenus lors des dernières 24 heures à travers le territoire national, indique jeudi un communiqué de la Protection civile. Le bilan le plus lourd a été enregistré au niveau de la wilaya de Khenchela où deux personnes sont décédées et une autre a été blessée dans deux accidents de la circulation, le premier survenu dans la commune de Taouzianette et le second s'est produit sur la route nationale n 88 au niveau de la commune d'Ain Touila.

Évocation: Il y a 17 ans nous quittait Cheikh M'qalech, "l'artiste des pauvres"

MQALECH voxIl y a dix-sept ans nous quittait à jamais Cheikh M'qalech. Quelques-uns de ses proches compagnons, témoins actifs de ses mémorables « ganas » du ‘carré de Grenache’ de Sidi Djillali, ont tenu, dans la soirée de vendredi dernier, à se rappeler au bon vieux souvenir de l'artiste des pauvres qui a marqué, par son style de musique particulier et ses paroles tourmentées, deux générations au moins de chanteurs raï de la ville de Sidi Bel-Abbès. La rencontre a permis à ses anciens amis d’évoquer la possibilité matérielle de produire une compile des anciens morceaux du cheikh à partir des enregistrements réalisés en  live ou en studio par certains de ses fans et autres artistes de la région. L'invite s'adresse en l'occurrence à notre ami artiste Hakim Zellat qui nous a entretenu d'un projet en ce sens, avant son départ pour le Canada. Mais en fait qui est cheikh M’qalech ? Lire l'article en entier...
 
Par MIR Mohamed 
De son vrai nom Bouchrit Abdelkader, cet écorché vif de la chanson old raïn dont la trajectoire musicale et  humaine était faite d’occasions manquées, est né en 1931 à Ouled Ali, une localité excentrée de la commune de Makedra, où il a passé sa première enfance avant de « descendre » à Sidi Bel-Abbès en compagnie de toute sa famille qui venait d'être dépossédée d'une parcelle de culture de six hectares par arrêté de la municipalité coloniale de l'époque. Il vivra ce dur épisode comme une véritable déchirure, un arrachement à la terre matricielle qui lui inspirera un grand nombre de ses chansons futures, entre autres "Ouallah yal m'dina ma n'houad lik..."
Les Bouchrit vont se fixer d'abord à Bario Alto, vieille citadelle de la rive gauche de la Mékerra, où le petit gavroche commença, sous la direction de Cheikh Breik el gourari, par plaquer ses premières notes de musique sur un banjo de fortune rafistolé à l'aide d'un phare usager et de menus accessoires récupérés d'un camion de transport de troupes américaines de passage à Sidi Bel-Abbès vers la fin de la deuxième guerre mondiale. Mais ce sont les années 50 et 60 qui vont marquer ses vrais débuts artistiques avec un répertoire très varié de plus de 56 chansons et de compositions instrumentales dont certaines seront reprises, avec une égale réussite, par de jeunes interprètes de la ville, comme Cheb Slimane Bouden et surtout son neveu cheb Mimoun, qui se révèlera par la suite, avec cheikh Naâm, cheb Yacine et Mohamed El Abbassi, comme l’un des authentiques représentants de la chanson raï en La majeur typiquement bel-Abbésienne.
Après une première période d'activité en solo, durant laquelle il sera souvent appelé à chanter dans les mariages des familles pauvres et les traditionnelles "taguesrate" des éternels laissés-pour-compte de la périphérie urbaine, il se décidera à intégrer des troupes de variétés musicales mieux structurées, notamment celles d' "El Amal" de Ghaouti Amir et d'"El Afrah" du regretté Ahmed Benaricha. En plus de son récital de chansons qu'il assure en alternance avec un autre maître du genre, en l'occurrence Kadri D'ziri, père de la mythique Zina de Raina rai, cheikh M'qalech se fera remarqué également sur les tréteaux, en intermède des spectacles, avec des monologues hilarants où s'entremêlent le trivial et le tragique des situations. L'expérience du travail en groupe, avec un orchestre tiré aux quatre épingles, finira par le refroidir pour se résoudre, une seconde fois, à tenter l'aventure en solo avec l'aide de ses fidèles "Gnadiz" de Sidi Djillali pour les percussions et l'accompagnement instrumental. Quelques mois avant sa mort, en prévision de sa participation à un programme de spectacles en France, la "guemna" des anciens donne, à Khayi M'qalech, la force de revenir au bord du lac de Sidi Mhamed Benali et reprendre de ses meilleurs textes de raï hard arrachés aux derniers contreforts de la mémoire : " Khalouni nebki a'la rayi, Ya mali mali mal wach issaberni, Ya taleb ardja n'salek, Labnat labnat libiya, Sem'ouli ya khwani..." Notre regretté confrère de la chaîne 3, Hamid Kechad, et une jeune caméraman émigrée qui filmait la scène pour le compte du commissariat de l'année de l'Algérie en France tombent sous le charme du maître du raï bel-abbésien, habillé, pour la circonstance, d'un magnifique costume blanc qui lui donnait l'air d'un chanteur débarqué, là, par hasard, de la lointaine Louisiane. Et c’est cette image qui revient toujours dans la mémoire quand le nom de Cheikh M’qalech est évoquée par les authentiques bel-abbésiens qui l’ont connu et aimé de son vivant.