"Bien informés, les hommes sont des citoyens; mal informés ils deviennent des sujets" (Alfred Sauvy)

« Le rôle de l'intellectuel et de la Poésie à l’époque de la Jahiliya », thème d'une conférence animée par le Pr. Habib MOUNSI à SBA

Écrit par K. Benkhelouf

UEA logoLa section de Sidi Bel-Abbès de l’union des écrivains algériens (UEA) a organisé, en fin de semaine écoulée à la Maison de la Culture 'Kateb Yacine', une importante conférence sous le thème « Le rôle de l'intellectuel et de la poésie à l’époque de la Jahillya » animée par le Pr. Habib MOUNS et à laquelle, ont assisté un grand nombre d'artistes et d'hommes de lettres ainsi que des enseignants universitaires et étudiants des fillères "arts et littérature". 

Par K.Benkhelouf

 

Le conférencier commencera par dire qu’Il est connu que l’intellectuel en tant que figure publique a émergé de tout temps et  durant son parcours, en apportant des informations importantes sur son activité et ses écrits, ce qui, explique sa contribution dans la réforme  de son époque et le contraire apporterait la décadence. Et étant donné que la société souffre, d’une manière ou une autre, d’un immobilisme socio-économique et culturel, elle devrait capter les énergies humaines et toute compétence en général  par une stratégie dans l’action et la capacité d’anticipation, pour garantir un développement durable et cela est du ressort  du rôle de l’intellectuel et de ses créativités. Aussi  dans le second registre  de sa conférence, le professeur Mounsi Habib sans chercher à ambitionner, l’art pictural et de la poésie archaïque dans la culture arabe, tente dans ses explications en direction de son assistance, de présenter, une idée précise et contemporaine de l’apport de cet art pictural et poésie préislamique de la « Jahylia », dans un voyage initiatique, à travers  le temps., tout en essayant, d’en situer les appellation et leur nombre , qui sont un questionnement, qui ne cesse  de tourmenter les chercheurs anciens autant que modernes.

Le professeur Habib Mounsi  expliquera que l’on ignore exactement à quelle époque remonte la poésie préislamique, mais on considère toutefois, suite aux études, qu’elle date, environ cent ans avant l’arrivée de l’Islam, expliqué par l’absence de la  langue arabe écrite et donc l’importance de la transmission orale dans la production poétique. Aujourd’hui, on est unanime sur la qualité indéniable de ces « qasâ’id » destinées, originellement, à l’oralité. L’intervenant ajoutera que la poésie préislamique, est initialement nomade et les poètes étaient issus des tribus dont ils devenaient les porte-parole et  défenseurs, qui bénéficiaient d’une honorable réputation. Il cita également la  poésie sédentaire  qui  fut le produit des villes et des cours royales. Ces poètes se vouaient à célébrer des notables et des rois et les honneurs qui leur sont consacrés les mettaient à l’abri du besoin et de la pauvreté.  Cette forme de poésie s’étendait depuis les frontières syriennes au Bahrayn et au Yémen septentrional en passant par l’Arabie centrale et surtout les abords du Hedjaz. Une poésie « certainement considérable, à en juger par les noms et les vestiges conservés ». L’on retiendra dira le conférencier, le trait le plus singulier  qui était la présence de la femme poétesse dont le rôle « non négligeable, reflet de la situation au désert, donne à la bédouine infiniment plus de liberté et d’importance que n’en connaît la citadine. Ainsi les zones habitées par les poètes nomades et précisés par eux apparaissaient  en cinq espaces sociogéographiques précisant les tribus. Ces poèmes, rapportés par l’oralité, sont, sans doute, l’expression la plus ardente des peuples de la Péninsule d’Arabie, de ces hommes qui ne sont que l’authentique « écho de leur tribu ». Le professeur Habib Mounsi  signalera que la littérature arabe classique a été poétique, dans son essence, depuis l’époque archaïque, jusqu’au XXe siècle. Cela signifie clairement que la poésie fut le premier et unique fruit d’une culture, l’expression la plus particulière de son génie, l’éminent édifice d’une communauté et, finalement, l’espace le plus représentatif d’une conscience collective. La poésie de la  « jahillya », s’inscrit dans cette pensée que le poète est l’Esprit de sa tribu, une conscience créatrice, formatrice et le porte-parole d’une sagesse profonde…  Sa création par les poètes et sa transmission par des transmetteurs « ruwât » qui donne des informations précieuses, de ces périodes- L’époque Omayyade fut celle des « grands transmetteurs » et de l’oralité  transmettant, un mode de pensée, commun à toutes les civilisations. L’on apprendra aussi que le livre de la poésie et des poètes « Kitâb al-shi‘r wal-shu‘arâ’ » contenant de nombreux poèmes de la Jâhiliya  ainsi les « Mu‘allaqât » qui nous sont parvenues, sont, sans aucun doute, le meilleur de ce que nous avons reçu en poésie de la Jâhiliya.

Une conférence très riche en enseignements sur la poésie préislamique, qui n'a pas manqué, comme c'est souvent le cas pour la plupart des communications du Pr. Habib MOUNSI, de susciter un réel intérêt chez la plupart des participants.