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Anniversaire de l’arrivée des réfugiés espagnols à Oran : solidarité exemplaire de la population algérienne

Écrit par APS Oran
Anniversaire de l’arrivée des réfugiés espagnols à Oran : solidarité exemplaire de la population algérienne   
ORAN - Des intervenants à la journée commémorative du 80ème anniversaire de l’arrivée à Oran des réfugiés espagnols ont mis en exergue mardi la solidarité "exemplaire" de la population algérienne avec ces personnes ayant fui en 1939 les exactions du fascisme en Espagne.

 

Lors de cette journée, organisée au siège de la Chambre de commerce et de l’industrie d’Oran en présence notamment de la ministre espagnole de la Justice, Dolores Delgado, la directrice de l’Institut Cervantes d’Oran, Inmaculada Jimenez, a mis l'accent sur "la solidarité exemplaire manifestée par le peuple algérien à l'époque".

"La population algérienne s'était mobilisée, dès l'arrivée des Espagnols, leur apportant vivres, eau et couvertures, alors que l'administration coloniale avait interdit le débarquement des réfugiés pendant plus d'un mois", a souligné l'intervenante lors de cette journée commémorative, rappelant les conditions inhumaines infligées par l'administration coloniale française à ces exilés qui furent internés dans des camps insalubres, plusieurs mois durant, notamment à Oran, Relizane et Djelfa.

Auparavant, la ministre espagnole de la Justice avait souligné que l’objectif de cette commémoration est de "restituer la mémoire de milliers de réfugiés espagnols qui, en 1939, ont fui le fascisme sur le navire +Stanbrook+ vers la ville d’Oran. Nous voulons rappeler leur histoire et leurs souffrances passées sous silence".

Dolores Delgado a rappelé l’aventure du "dernier navire de l’exil", le Stanbrook, qui, en 1939, quelques jours seulement avant la fin de la guerre civile espagnole, emporta plus de 2.600 personnes depuis le port d’Alicante vers Oran, "ce qui leur a permis de survivre", a-t-elle souligné.

Elle a également souligné que les cérémonies de commémoration ont lieu, simultanément, dans 43 villes du monde, en collaboration avec l’Institut Cervantès.

En fin d’après-midi, la ministre espagnole baptisera la bibliothèque de l’Institut Cervantes d’Oran du nom de Francesco Boix, un révolutionnaire et photographe, emprisonné dans le camp de concentration de Mathausen (Autriche).