"Bien informés, les hommes sont des citoyens; mal informés ils deviennent des sujets" (Alfred Sauvy)

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Okacha Hasnaoui, le patriarche d'une famille de bâtisseurs

Famille Hasnaoui VOAu sein du Groupe des Sociétés Hasnaoui, Okacha Hasnaoui fait figure de patriarche. Le vénéré manager a été un des premiers architectes de l’Entreprise et aura vécu tous ses avatars. Son sens de l’écoute, du contact humain et sa personnalité rayonnante font de lui un personnage-clé de cet édifice et lui confèrent le privilège de représenter dignement le Groupe à l’extérieur en veillant toujours à la préservation de son image de marque à laquelle il aura inlassablement contribué.

Par Morad Guedider
In La revue GSH n°1 du 1er JANVIER 2009

          Au premier contact, M. Okacha Hasnaoui laisse entrevoir une forte personnalité. C’est un homme qui impose par sa maturité, son maintien, sa voix de stentor au timbre rauque avec une indolente élocution qui scande son discours comme pour donner plus de vigueur à ses arguments et gagner la confiance et l’assentiment de ses interlocuteurs. Okacha est l’aîné de la fratrie Hasnaoui et l’un des piliers du Groupe de Sociétés éponyme dont la notoriété a dépassé les limites de la région pour rayonner à l’échelle du pays dans le domaine du Bâtiment et des Travaux Publics. Il reconnait à son frère cadet Brahim le rôle moteur dans la création de la société mère ETPH Hasnaoui qui, en dépit de l’environnement hermétique de l’époque, a réussi à se développer, imposer son label et devenir plus tard une entreprise leader dans la construction. Okacha Hasnaoui est réputé pour son franc-parler. Il ne s’accommode pas de circonvolutions pour dire ouvertement ce qu’il pense. C’est ainsi que dans son proche entourage, qui lui voue un franc respect, on reconnait en lui un homme plein d’autorité.

          Il n’a pas fait les grandes écoles du Bâtiment et des Travaux Publics. Son expérience, il l’a acquise par le contact et à la faveur de son parcours professionnel de technicien en hydraulique au sein d’un organisme du secteur public. « On était tous des fonctionnaires. On a acquis une solide expérience dans l’administration et puis, un jour, nous est venue l’idée de nous faire nous-mêmes ». Notre interlocuteur fait référence aux années soixante-dix, une époque où le secteur public était hégémonique et constituait le réservoir des compétences nationales qui, malheureusement, se morfondaient dans un immobilisme peu propice à leur épanouissement. C’est pourquoi lorsque son frère cadet Brahim décida de quitter définitivement le secteur public pour lancer une entreprise privée, avec le concours d’un associé, il n’hésitera pas à suivre son exemple pour le rejoindre trois mois plus tard. Et ce sera d’ailleurs un ouvrage d’hydraulique, la réalisation du canal d’irrigation de Sidi Ali Benyoub, localité dont les Hasnaoui sont originaires, qui scellera leur baptême professionnel.

          Cette expérience réussie donnera aux deux frères des ailes et les poussera à créer une entreprise familiale, l’ETPH Hasnaoui. De l’hydraulique, l’Entreprise basculera vers le bâtiment et les travaux publics, puis diversifiera avec le temps, ses activités, notamment dans l’irrigation, la micro-irrigation et l’agriculture. « On a essayé de faire quelque chose pour le pays. Il fallait trouver des solutions idoines pour employer le maximum de personnel. Les entreprises publiques de Sidi Bel-Abbès commençaient à dégraisser ; on a tenté de trouver un palliatif ». L’ancrage de l’Entreprise n’aura pas été sans difficultés, il fallait faire ses preuves dans un environnement dominé par les monopoles d’Etat et le secteur privé n’avait alors pas bonne image. « Il fallait s’affirmer dans l’adversité. Les entreprises publiques étaient manifestement privilégiées par rapport au secteur privé ». Et de raconter, pour l’anecdote, le jour où il fut contraint de décharger complètement son camion de plâtre au profit d’un autre camion destiné à une entreprise publique.

          En dépit des contraintes, l’Entreprise réussira, au fil des ans, à se bâtir une solide notoriété qu’on lui connaît pour donner naissance, plus tard, au Groupe des Sociétés Hasnaoui. Okacha Hasnaoui rappellera qu’il se verra confier par le ministre de l’Habitat de l’époque « votre réussite témoigne du constat d’échec de l’entreprise publique ». La situation économique du pays a certes évolué et l’Entreprise Hasnaoui a pu gravir d’autres paliers. Aujourd’hui, l’Entreprise compte s’associer à des entreprises étrangères pour développer tout ce qui concerne les ouvrages d’art. Une expérience de partenariat a été tentée avec une entreprise et un bureau d’études portugais dans un grand projet de construction aux environs d’Oran. Mais le Groupe Hasnaoui ne compte pas s’arrêter là et aspire à réaliser d’autres travaux et investir dans d’autres secteurs. « On a pu prouver que l’entreprise algérienne était en mesure de supplanter l’entreprise étrangère sur le terrain en dépit de tous les préjugés défavorables ». Pour étayer ses propos, il rappellera la performance réalisée, malgré les mises en garde du wali, dans le projet du campus de Sidi Bel-Abbès où le Groupe Hasnaoui devait se trouver en compétition ouverte avec une entreprise chinoise. L’ensemble des travaux confiés au Groupe Hasnaoui ont été achevés dans les temps impartis et, de surcroît, bien avant que l’entreprise étrangère n’ait entamé son chantier. Et sur sa lancée, il tiendra à émettre des doutes sur l’opportunité du recours aveugle aux entreprises étrangères dans les grands projets du siècle qu’a lancés le pays et dont l’autoroute est-ouest constitue un remarquable exemple. Un projet, dira-t-il, qui aurait pu être confié à un bon nombre d’entreprises algériennes spécialisées avec une supervision étrangère. « On a constaté qu’avec les entreprises de réalisation chinoise, le transfert technologique ne s’effectuait pas. Même la main-d’œuvre est importée : des coffreurs et chauffeurs sont ramenés de Chine. Est-ce la solution ? L’entreprise algérienne se trouve ainsi décrédibilisée. Faire quelques ouvrages d’art et un compactage de tuf, n’est-ce pas à la portée d’une entreprise algérienne ? C’est une question de moyens, d’engins, ni plus ni moins ».

          Pour Okacha Hasnaoui, la plus belle réussite de l’Entreprise est sans aucun doute sa grande contribution à surmonter la crise de logement à Sidi Bel-Abbès en initiant une expérience inédite dans le cadre du logement social participatif bien avant la création de cette formule. L’Entreprise s’est vue impliquée dans une vaste opération de résorption de l’habitat précaire. L’idée est venue de faire participer le citoyen avec l’aide de l’Etat et de la banque. «Les autorités ont appuyé et entériné cette démarche. L’exemple a fait des émules à travers tout le territoire national et aujourd’hui 30% de l’habitat est réalisé dans ce cadre-là». Aujourd’hui, le Groupe Hasnaoui n’intervient que dans des projets implantés dans la région de Sidi Bel-Abbès et Oran en dépit des nombreuses sollicitations. « C’est une manière de ne pas éparpiller nos moyens et puis la charge de travail est largement suffisante ». Quand on demande à M. Okacha Hasnaoui de faire une rétrospective pour jauger le parcours de l’Entreprise, il répond avec toujours la même pondération : « C’est un motif de fierté »