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Poursuite des manifestations à Baghdad, la police tire à balles réelles

Poursuite des manifestations à Baghdad, la police tire à balles réellesBAGDAD - Les manifestants irakiens, qui réclament "la chute du régime", redoutent que la coupure d'internet ne soit un signe précurseur d'un retour aux violences de début octobre, les forces de sécurité tirant de nouveau à balles réelles dans la capitale.
Depuis le début le 1er octobre d'un mouvement spontané de contestation, près de 280 personnes --en majorité des manifestants-- ont été tuées.

Dans un communiqué mercredi, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a dénoncé le recours aux balles réelles contre les manifestants. "Il exhorte tous les acteurs à s'abstenir de recourir à la violence et à enquêter sérieusement sur tous les actes violents", précise un communiqué de l'ONU.

Les autorités ont proposé réformes sociales et amendements constitutionnels, mais les manifestants continuent de réclamer le départ de tous les responsables qu'ils jugent corrompus et incompétents, ainsi qu'une refonte totale du système politique instauré après la chute de Saddam Hussein.

Dans le sud, chiite et tribal, la désobéissance civile continue de paralyser écoles et administrations, et gagne infrastructures portuaires et pétrolières, vitales pour l'Irak --deuxième producteur de l'OPEP où les habitants étranglés par le chômage et la pauvreté réclament leur "part du pétrole".


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A Baghdad, les contestataires ont été pris mercredi à plusieurs reprises sous les tirs des forces de sécurité, notamment sur le pont al-Chouhada.

Sur ce pont, le quatrième bloqué par des pans de béton installés par les autorités afin de contenir la foule qui continue de camper jour et nuit sur la place Tahrir, au bord du fleuve Tigre, de nombreux touk-touk transportaient des blessés.

Dans le sud, la désobéissance civile se renforce et empêche désormais l'accès des employés à la compagnie pétrolière publique de Nassiriya, à une raffinerie de Diwaniya et au port d'Oum Qasr, vital pour les importations.

Selon de hauts responsables sous le couvert de l'anonymat, le chef du gouvernement est désormais isolé, à couteaux tirés avec M. Saleh et sous pression de ses alliés.

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