"Bien informés, les hommes sont des citoyens; mal informés ils deviennent des sujets" (Alfred Sauvy)

Sidi Bel-Abbès: Pourrait-on regénérer un jour les arboretums incendiés au sud de la wilaya ?

parc national belezmaEn parcourant les aires boisées de la zone de 'Daya', l’on croisa une personne âgée retraitée de l'enseignement, passionnée de la nature, et qui n'avait de cesse de rechercher, entre les  groupes d’arbres et autres végétations, des plantes médicinales. Et, tout en cherchant à nous renseigner sur le lieu ou nous étions, il s’emballa en nous citant les  variétés d’arbres existants et l’intérêt que l’on devrait donner au respect de  l’environnement. Il nous cita les diverses essences caractérisant la wilaya et de ces grands espaces entretenus qui font la fierté du pays, tels que l'arboretum du Lac Tonga à El Tarf, mais il nous rappela aussi, que la partie Sud de notre wilaya avait également renfermé ce type de sites protecteurs à l'image des arboretums de Tenira, d'Ain Bent Soltane et d'Oued Sbaa",malheureusement rayés de la carte forrestière durant la décennie noire.
 
Des sujets, omis de la mémoire et qui semblent  ne plus éveiller d’intérêt, malgré leur grande importance sur plusieurs plans, ont été un régal.

La  fraîcheur mémorielle de ce citoyen passionné de l’environnement, a permis d’aiguiser notre intérêt sur ce sujet qui ramenait à un passé lointain pour évoquer, à titre comparatif, ces  immenses forêts enrichissantes de la partie sud, et leurs valeurs incommensurables, ou il était difficile de ne pas ressentir la même inquiétude face à la dégradation continue du patrimoine forestier. La remémoration de ces espaces verdoyants entretenus par les services forestiers, pour  constituer des lieux idéaux à la  pratique du tourisme vert à travers l’immense massif forestier du sud de Sidi Bel Abbès, ne sont pas facile pour les anciens de les défaire de la mémoire, de par leur cadre exceptionnel, se métamorphosant à chaque saison.

« Les citoyens gardent en mémoire, ces « arboretums » dont certains dataient depuis l’ère coloniale, dûment entretenus par les forestiers  à travers cette région, que supervisait  auparavant la wilaya d'Oran et qui possédaient des espèces soigneusement répertoriées et renseignées,  revêtant des intérêts scientifique, pédagogique et écologique, ayant disparu, en raison de l’inconsidération et l’aveuglement de l’homme. Ces espaces renfermaient des collections d’essences rares ou exotiques, menacées, qui permettaient en tant que pépinière, la reconstitution du patrimoine forestier, grâce à la multiplication des essences et aux opérations de reboisement. L’on se rappellera alors, de l’un des plus beaux « arboretum » de la région, situé à  « Aïn Bent Soltan », à quelque 20 km de Merine, ou celui du magnifique Jardin d’ « Oued Sbaa » ou encore celui de « Tenira », qui ne désemplissait pas de visiteurs à longueur d’année, dont des spécialistes et autres naturalistes qui  s’adonnaient aux études liés à l’étude des multiples espèces d’arbres et même des simples visiteurs, que la spirale de violence et des vagues incendiaires du terrorisme n’ont pas  épargnés.

Maintenant, que la situation sécuritaire a été rétablie, pour de nombreux défenseurs de la nature, les pouvoirs publics doivent permettre la reconstitution de ces espaces de verdure, véritable sanctuaire de la biodiversité , car les besoins en matière de reboisement et la nécessité de diversifier le parc sylvicole, sont des raisons qui plaident pour la reconstitution « des arboretums », qui  étaient  une véritable curiosité pour les visiteurs, avide de voir certains arbres nobles et rare et découvrir toute une panoplie de plantes ligneuses et herbacées, médicinales, cosmétiques et autres fleurs rares, pouvant constituer un véritable «temple» pour les études et l’écotourisme.