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Le dialogue, le moyen le plus sûr pour aboutir à une solution consensuelle à la crise politique

Le dialogue, le moyen le plus sûr pour aboutir une solution consensuelle à la crise politiqueALGER- Le coordinateur de l'Instance nationale du dialogue et de la médiation, Karim Younes a assuré, jeudi à Alger, que le dialogue demeurait "le moyen le plus sûr" pour aboutir à une solution consensuelle à la crise politique.
"La crise politique que traverse le pays, depuis la fin du quatrième mandat de l'ex-président de la République, a érigé le dialogue en un moyen le plus sûr pour aboutir à une solution consensuelle permettant une sortie de l'impasse", a précisé M. Younes lors d'une conférence de presse, réaffirmant que les membres de son instance "n'ont aucune qualité représentative du citoyen ni du pouvoir et n'est, de ce fait, le porte-parole d'aucun parti, ni instance ou association, elle n'est pas représentative du Hirak non plus".

L'instance partage pourtant "les mêmes revendications du mouvement populaire relatives aux droits et libertés individuelles et collectives, ainsi qu'aux garanties d'organiser une Présidentielle intègre", a-t-il souligné.

Plus explicite, le même responsable a fait savoir que "la mission de cette instance est limitée à la médiation entre les acteurs politiques dans le but de mener un dialogue "permettant l'élaboration d'une feuille de route consensuelle pour une sortie de crise". Pour ce faire, a-t-il poursuivi, "l'instance préconise la tenue d'une conférence nationale dont la mission est de convoquer une commission en charge de préparer, d'organiser et de contrôler la Présidentielle".

Elle se chargera également "d'élaborer une feuille de route pour la prochaine période présidentielle qui ne saura être qu'une autre période de transition durant laquelle se fera une profonde révision de la Constitution".

La rencontre de l'instance avec le chef de l'Etat, Abdelkader Bensalah -sur demande de ce dernier- a permis "la mise au point du processus envisagé, la demande de mesures d'apaisement et l'impératif changement de l'actuel Gouvernement", a tenu à préciser M. Younes, affirmant que son instance "continuera à revendiquer ces mesures qu'il incombe à l'Etat seul de prendre".

L'instance est certes "optimiste quant à la satisfaction des mesures d'apaisement", mais "elle ne se permettra pas de se substituer à l'Etat ou à la justice", a-t-il encore poursuivi.


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Exprimant son respect quant au "refus de certaines personnalités de rejoindre l'Instance", M. Younes a précisé qu’un bon nombre d’autres personnalités l’ont rejoint", ajoutant que le panel a été destinataire de plusieurs demandes d’adhésion de la part d’autres personnalités.

Il a annoncé, à ce propos, "la création prochaine des groupes de travail et de réflexion dans de domaines précis", dont le comité des sages, composé de personnalités historiques et de compétences, qui "sera dévoilé prochainement".  

Younes a également affirmé que le comité a un besoin urgent de soutien clair et honnête de la part de la classe politique et des acteurs de la citoyenneté en vue de garantir "la continuité du changement pacifique du système de gouvernance", ajoutant que le panel ambitionnait "d’assurer la réunion et de réaliser le consensus autour d’une élection présidentielle avec toutes les garanties de transparence et d’honnêteté".

En réponse aux questions des journalistes sur le rejet de ce panel par certaines parties , M. Younes a indiqué que "les étudiants et la rue sont libres d'exprimer leurs vues", ajoutant que ledit panel avait été contacté par certaines organisations estudiantines et des représentants du Hirak populaire.

Il a en outre précisé que le panel "ne dispose pas de prérogatives de fixation de la date de la prochaine élection présidentielle, mais prendra note de toutes les propositions et points de vues de l’ensemble des partenaires politiques et des acteurs de la société civile".   

Les membres de ce panel,  à l’instar du juriste en droit constitutionnel, Fatiha Benabou, ont exprimé, à cette occasion, leur refus de "l'option de la constituante (Assemblée constituante) au vu de ses répercussions négatives", affirmant que la situation en Algérie  "est entièrement différente" de ce qu’ont connu certains pays ayant fait recours à cette option.