"Bien informés, les hommes sont des citoyens; mal informés ils deviennent des sujets" (Alfred Sauvy)

Comment sauver l’Algérie du naufrage et satisfaire le mouvement populaire ?

Après 20 ans de dictature teintée de démocratie et qualifiée à juste titre d’ère de corruption, de clientélisme, de despotisme, d’une justice injuste et d’une oligarchie prédatrice, une nouvelle république s’impose.

Algrie espoir2Cette gouvernance a fabriqué des assemblées populaires communales, des assemblées de wilaya, des députés et des sénateurs inféodés au pouvoir suite à une fraude généralisée, connue et organisée par une administration et des partis connus inféodés au pouvoir. C’est pour toutes ces raisons que le peuple ne croit plus à ce pouvoir et aux personnes chargées de conduire le pays vers une sortie de crise tout en violant la constitution à plusieurs reprises. LIRE L'ARTICLE EN ENTIER...

 Par Pr K. Benabdeli 

 

Des spécialistes improvisés de dernière heure espèrent gérer la période de transition qui n’est en fait que la continuité du système, se permettent dans les chaînes publiques qui ne sont que la voix de leurs maîtres, de mener l’Algérie vers une vraie démocratie alors qu’ils ont échoué depuis 20 ans. C’est la réalité qui anime le mouvement du peuple dans son ensemble et qui a su mobiliser tous les pans de la société avec des millions de personnes qu’aucun parti n’a pu faire. Ces derniers justifient leur présence par la non vacance du pouvoir et les échéances éducatives qui arrivent ; les ministères disposent d’une administration qui saura mener la gestion courante en absence des ministres qui réglaient plus leurs affaires et ceux de leurs proches et supérieurs que celles du peuple. Durant un trimestre seulement les secrétaires généraux pourront gérer ces institutions. Alors de grâce épargner nous de cette philosophie de la peur de la non gouvernance de l’Algérie.

Seule une totale rupture avec l’ancien système dans toute ses composantes ; qui ont échoué dans leur mission, permettrait de répondre à la foule mobilisée et qui le restera si rien n’est fait. Puisqu’on est dans des décisions anticonstitutionnelles depuis 20 ans pourquoi ne pas oser dissoudre les assemblées dans leur totalité et confier pour une période de 6 mois maximum aux secrétaires généraux des APC de gérer ces institutions quand à l’APN et au Sénat leur impact est nul et ce ne sont que des entités budgétivores sans apport depuis 20 ans.

Dés le mois d’avril il est possible qu’au niveau de chaque wilaya une dizaine de personnes soient désignées démocratiquement à travers les universités, les organisations professionnelles, les associations et la société civile qui n’ont pas été inféodé au pouvoir. Ainsi une assemblée constituante de 500 personnes sera proposée et qui sera chargé de choisir 20 ministres devant gérer le pays pendant l’année 2019. Ces deux organes auront la lourde tâche qui se récapitule en 10 opérations :

  1. Revoir la constitution et la débarrasser des amendements imposés par le président en exercice. Fixer les règles d’élection du président de la république et de ses attributions ainsi que les structures administratives et leurs fonctions
  2. Réformer totalement la justice et ses appendices afin qu’elle soit réellement indépendante et la nettoyer des corrompus et inféodés à la néo-bourgeoisie
  3. Réglementer l’organisation démocratique des élections à travers une stratégie induite par une commission indépendante représentative de la société civile et soutenu par un scrutin informatisé et une équipe de juges intègre.
  4. Réglementer la représentativité réelle des partis à travers un inventaire national des adhérents et une fixation de normes d’éligibilité à travers la représentativité réelle
  5. Faire du FLN un parti historique qui appartient à tous les algériens et par conséquent l’exclure de toute participation, les membres actuels n’ont qu’à créer un nouveau parti
  6. Demander des comptes aux prédateurs qui ont construit leur fortune sur des malversations à travers une procédure de justification des biens et ils sont connus
  7. Tracer une feuille de route de développement socioéconomique où doit émerger :
  • une stratégie de développement de l’agriculture avec une réorganisation des exploitations et récupération du foncier de l’Etat bradé
  • un comptage réel de la production pétrolière, gazière et des mines pour en évaluer les apports réels
  • un inventaire des ressources valorisables comme l’énergie solaire, la gestion des déchets qui a coûté au pays plus de 8 milliards de dollars depuis l’année 2001
  • inventorier tous les travailleurs non déclarés ayant accomplis des tâches au sein des entreprise et payés au noir ou à la tâche ou au métré comme aime le qualifier les entrepreneurs nouveaux
  • revaloriser les industries cédées aux oligarques et exiger la paiement de la différence
  • possibilité de créer au moins 4 million d’emplois dans le secteur agricole à raison d’un travailleur permanent par hectare sachant que millions d’hectares sont en jachère annuellement
  • Création de 500 000 emplois dans le domaine urbain à travers des syndicats de gestion de quartier ou de secteur urbains
  • Création d’au moins de 250 000 emplois dans le secteur environnemental : gestion e t valorisation des déchets, plantation d’agroforesterie
  1. Réforme de l’éducation en priorisant la formation professionnel dés l’âge de 2 ans à travers des Centres d’Enseignement Technique avec révision du BAC pour en créer une série selon les besoins du pays
  2. Réforme de l’université en séparant l’aspect académique et recherche de la formation professionnalisant à travers la création d’Instituts Universitaires Techniques adaptés aux potentiels de chaque région
  3. Opter pour un aménagement du territoire intégré à travers une division du pays en région homo-écologiques où les potentialités seront évaluées afin de spécialiser chaque région qui sera gérée par une institution régionale chargée d’une planification intégrée.