"Bien informés, les hommes sont des citoyens; mal informés ils deviennent des sujets" (Alfred Sauvy)

Le pouvoir soutenu par l’impunité induit la dictature

impunit concept juridique 114686480La démocratie n’est généralement - mis à part quelques exceptions dans les pays nordiques - qu’un moyen détourné pour asseoir son pouvoir ou celui de son clan déguisé en parti. Dans les pays dits développés, la démocratie est sauvée par une justice assez libre soutenue par une presse indépendante jouant le rôle d’une réelle opposition. Par contre dans les pays sous-développés, la démocratie n’est qu’un leurre au vu de l’opinion internationale et sert de levier pour acquérir le pouvoir. Une fois ce dernier acquis, la fausse démocratie est totalement enterrée puisque l’élu ou plutôt le faux élu s’entoure de ses proches et nomme aux postes clé des éléments qui ne sont que la voix de son maître. Une fois les postes clés des structures, car ce ne sont pas des ministères, comme la justice, la défense, la finance et les affaires étrangères, le dictateur entre en jeu lors des regroupements identiques à ceux des clans et des zaouias pour imposer sa vision. Lire la suite...

Par B.Makhlouf

 

Ce schéma réaliste issu d’une observation est présent dans pratiquement dans tous les pays d’Afrique et du Moyen Orient, de l’Amérique du sud et de l’Asie comme en témoigne la mascarade des élections. En Russie deux personnages se relayent au pouvoir, en Afrique c’est des présidents-rois puisqu’ils osent modifier la constitution pour rester au pouvoir des décennies. Dans certains pays où la démocratie n’est qu’un mot banal, le but des présidents faussement élus est de rester le plus longtemps au pouvoir au point de modifier la constitution et de concurrencer son voisin. Dans les monarchies autoritaires au dessus du peuple et proche de Dieu c’est pire. Heureusement que quelques pays avec le temps et l’arrivée d’une jeunesse instruite et éduquée, un début de démocratie et de ministres de la justice non inféodés au pouvoir s’imposent comme au Benin où une élection a été rejetée. De telles décisions n’arriveront jamais dans les pays du Maghreb ou du Moyen-Orient.

La maladie ou plutôt la folie du pouvoir dans le monde arabo-musulman est justifiée par ce qui se passe en Syrie, en Irak, en Libye avec une extension même en Turquie où des milliers de personnes ont été massacrées et des millions déplacées. D’autres situations existent, moins grave mais aussi anti-démocratiques dans les pays du Grand Maghreb où c’est le même parti ou des groupuscules inféodées qui sont au pouvoir depuis plus de 50 ans. Dans ces pays on se targue sans retenue de vanter l’indépendance de la justice, la vraie démocratie et la lutte contre la corruption sans aucune retenue dans des interventions dans des pays les plus démocrates du monde où un ministre s’est excusé publiquement car il n’a pas payé un café à son invité il a utilisé un véhicule personnel. Un autre ministre l’a fait également car il a osé utiliser un véhicule de service pour se rendre à son ministère. J’aimerais voir la tête des ministres, des députés et des sénateurs de ces pays rétrogrades s’ils osaient suivre ce reportage et appliquer les règles démocratiques de ces pays nordiques.

Ce qui est grave c’est des pays dits démocratiques acceptent cette réalité amère pour un seul intérêt économique où la vente d’armes est fortement présente. En 2018 à l’ère de la technologie digitale où n’importe quel pays est menacé de loin, les élections manipulées permettent à des dictateurs anti-démocratie, anti-liberté de la presse et anti-indépendance de la justice. Rêver en étant éveillé est une solution pour rester logique.