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Une curiosité méconnue : Le Sapindus Mukorossi, l’arbre à savon de l’université de SBA

Écrit par Mir Mohamed

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ARBRE A SAVON

 Invités à visiter le musée agricole et la ferme expérimentale de l’université Djillali Liabès de Sidi Bel-Abbès, situés sur le site de l’ancienne école régionale d’agriculture (ERA), des citoyens n’ont pas manqué - outre la découverte des dizaines de machines et d’outils retraçant pour notre pays la prodigieuse histoire de l’agriculture et de la mécanisation - de manifester un réel intérêt aux quelques spécimens rares de Sapindus Mukorossi plantés alentour depuis plusieurs décennies. Cliquez sur ce lien pour lire la suite de l'article

 Par Mir Mohamed 

 

La rubrique de l'insolite

Les explications détaillées fournies par le responsable du musée, M. Sardi Ghalem, a permis aux visiteurs de lever le voile sur cet arbre très feuillu qui a suscité aussi la curiosité de plusieurs personnalités étrangères, notamment des ambassadeurs et ministres, de passage à l’université de Sidi Bel-Abbès.

Selon cet ancien enseignant universitaire en sciences agronomiques qui se débat comme un beau diable pour préserver ces espaces de mémoire contre l’usure du temps, le Sapindus Mukorossi, originaire des contreforts de l’Himalaya, au début du XXème siècle en Algérie. Il est reconnu surtout, dira-t-il, pour ses fruits, plus communément appelées "noix de lavage" dont la coque contient la saponine, une substance qui présente les mêmes propriétés que le savon, d’où il son nom « d’arbre à savon ». C’est le contact des coques avec l’eau qui leur permet de se dissoudre et de générer une solution savonneuse utilisée par les anciens pour le lavage du linge et la toilette du corps », soulignera notre interlocuteur en ne manquant pas de préciser, avec la nouvelle tendance bio de la consommation dans le monde occidental, ces noix de lavage connaissent actuellement un regain d’intérêt pour leur pouvoir lavant et détergent à cent pour cent naturelle et commencent par être utilisés par des écologistes comme alternative aux lessives chimiques classiques. »

Corroborant encore plus les propos de notre ami agronome, d’autres sources souligneront qu’en 1908 déjà, « la société des agriculteurs d'Algérie prévoyait une extension de la culture du Sapindus. C'était sans compter sur le génie industriel et chimique qui allait ranger cet arbre à savon au rang des anecdotes. En dehors de ses qualités ornementales, l'intérêt du Sapindus réside dans ses fruits dans l'enveloppe est très riche en saponine. »
« En Algérie, on les vendait dans les drogueries. Pendant la guerre (1942/1945) ou le savon faisait défaut ' le Sapindus était très apprécié. Au 21eme siècle la chimie industrielle est mise aux bancs des accusés , ce qui entraine certaines personnes d'aller chercher des solutions dans les pratiques anciennes , Ils rentrent dans le cadre des écologistes. Depuis quelque ,en France sur les marchés et les magasins " BIO" les fruits du Sapindus sont préposés en remplacement des savons modernes.
A Sidi Bel-Abbès, souligne-t-on de même source, le Sapindus a fait son apparition au niveau de l'école d'agriculture (actuellement Rectorat) et du jardin public vers 1930. Ces arbres ont été plantés par JEAN PAUL Théo professeur à l'école d'agriculture devenu plus tard, directeur des jardins d'Oran.
Le Sapindus se multiple, soit par semis, soit par bouture. »

« Que chacun donc plante un "Sapindus" et face concurrence aux diverses marques de savon industriel. »

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