"Bien informés, les hommes sont des citoyens; mal informés ils deviennent des sujets" (Alfred Sauvy)

A qui profite le pourrissement de la situation à l'université de Sidi Bel-Abbès ?

Écrit par Mir Mohamed

Le collectif des enseignants dénonce de nouvelles dérives de l'administration universitaire

UDL rectoratvox9Les facultés ferment les unes après les autres à l'université Djillali Liabès de Sidi Bel-Abbès et la situation ne semble guère inquiéter les responsables centraux de l'enseignement supérieur. Ces derniers jours, alors qu'ils fondaient le mince espoir de voir le statu quo actuel pris sérieusement en mains, les membres du collectif des enseignants ont été une nouvelle fois pris de court par "l'absence de volonté de l'administration d'y mettre un terme...(...) relève-t-on dans une déclaration rendue publique mercredi et dont nous reproduisons ci après in extenso le contenu.     

Déclaration

Depuis le début du mouvement du collectif des enseignants de l'université de Sidi Bel Abbès, le problème récurent de fermeture des facultés a été soulevé et dénoncé. Ce problème a été encouragé par l'absence de volonté de l'administration d'y mettre un terme, sous le fallacieux prétexte de maintien de la paix sociale au sein de l'université. Cette paix sociale n'est que virtuelle et cette façon de courir après ne fera que compliquer, chaque jour un peu plus, la gestion réelle de l'établissement. Elle engendrera, à coup sûr, des dérives dont les conséquences sont incalculables.


Le mode opératoire contre ces fermetures a pris une forme standard, pour tous les "problèmes" et toutes les facultés.

1. Le vice recteur, avec le SG, réunit le doyen et quelques responsables avec les mécontents.
2. Ils passent en revue les "problèmes"
3. Font des promesses de résolutions "du" problème.
4. Ouverture des portes.


Quelques temps après, les mêmes problèmes resurgissent et rebelote. Après la fermeture et réouverture de la fac de technologie, la semaine dernière, nous avons tiré la sonnette d’alarme sur les dérives que la mise à l'écart des structures réglementaires, comme les CPC (comités pédagogiques), les CSD (comités scientifiques des départements), JD (Jurys de Délibérations), va engendrer. Par ces agissements, l'administration encourage le piétinement de la réglementation et l'affaiblissement de la situation et de la stature de l'enseignant au sein de son environnement.

Hier, mardi 06 mars 2018, la faculté des Sciences économiques et de Gestion a été de nouveau fermée. Une des revendications mise en avant est le changement (remplacement) d'une enseignante. Sur quelle base ? Nous avons été informés que des étudiants avaient, auparavant, empêché (interdit) l'enseignante de se rendre en classe. Nous saluons l'intervention du chef de département qui a mis fin à cette action mais nous ne pouvons que déplorer, sinon plus, le silence de l'administration et l'absence de réaction ferme contre ce nouveau genre de comportement, dangereux, à combattre et bannir dans l'enceinte universitaire. Ce genre de comportements ne doit pas être escamoté pour présenter une image de sérénité de l'université. Il pourrait être le prélude à des actes bien plus dramatiques. Nous ne pouvons pas et nous ne devons pas continuer à rester spectateurs et l'administration doit prendre ses responsabilités.

L’enseignant est toujours mis sur la sellette. Après les pressions et autres harcèlements pour reprendre les résultats d’un jury de délibération au département de français, l’administration promet l’ouverture d’une enquête contre une enseignante de la fac de technologie qui a comptabilisé les absences aux séances de TD. L’enseignant se retrouve maintenant menacé et agressé verbalement. Ces cas ne sont pas isolés. Le drame de l’université de Mostaganem en 2008, où un collègue s’est fait assassiner dans le cadre de ses fonctions, est toujours présent dans les esprits. Nous sommes tous interpellés pour mettre fin à cette escalade de la violence et à imposer le respect mutuel et le respect de la loi.

La situation ne doit plus durer. Les enseignants doivent reprendre leur destin et celui de l’université en main. De tels dépassements ne doivent plus être tolérés.
Sidi Bel Abbes, le 07/03/2018
Le comité des Enseignants